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Comment expliquer clairement les risques et contre-indications à vos clients avant un tatouage ?

Selon une étude IFOP réalisée en 2018 pour La Croix, 14 % des Français portent au moins un tatouage(contre 10 % en 2010). Avec cette popularité croissante, une communication claire sur les risques et les contre-indications devient un avantage concurrentiel et un rempart juridique. Voici une méthode simple, actionnable et conforme au cadre français.

1. Pourquoi formaliser votre discours sur les risques ?

1.1. Un devoir d’information encadré

Les articles R.1311-11 et R.1311-12 du Code de la santé publique imposent d’informer chaque client des risques infectieux, des précautions d’hygiène et des contre-indications médicales. En cas de litige, seul un dossier précis prouve que l’artiste a respecté son devoir de conseil.

1.2. Des clients plus exigeants

Les clients comparent les expériences en ligne avant de choisir un studio. Un discours structuré rassure, montre votre expertise et diminue la probabilité d’une annulation de dernière minute.

1.3. Anticiper les complications

Allergies, infections, retard de cicatrisation : détailler ces risques permet au client de signaler ses antécédents. Vous adaptez ainsi les encres, reportez la séance si nécessaire ou refusez l’acte en toute transparence.

2. Construire un guide d’explication en 4 étapes

2.1. Commencer par les bases d’hygiène

Présentez votre protocole : aiguilles stériles, surface désinfectée, gants à usage unique. Appuyez-vous sur les recommandations officielles publiées sur Service-Public.fr pour démontrer votre conformité.

2.2. Distinguer risques courants et cas particuliers

Expliquez les réactions normales (rougeurs, croûtes) puis listez les signaux d’alerte nécessitant un suivi médical. Mentionnez les cas qui exigent une consultation préalable : grossesse, diabète non stabilisé, troubles de coagulation, immunodépression.

2.3. Utiliser un langage compréhensible

Bannissez les termes techniques non expliqués. Par exemple, remplacez “dermite de contact” par “réaction allergique cutanée”. Cette clarté réduit les incompréhensions et montre que vous écoutez réellement votre client.

2.4. Confirmer la compréhension

Posez des questions simples : “Pouvez-vous me redire comment vous entretenez le tatouage la première semaine ?”. Cette étape, inspirée des méthodes d’éducation thérapeutique, garantit que l’information est assimilée avant la signature du consentement.

3. Les supports qui facilitent la discussion

3.1. Fiches digitales interactives

Un formulaire numérique permet de présenter les risques étape par étape, d’obtenir les cases à cocher nécessaires et de générer automatiquement la preuve. La solution QR Consent est pensée pour ce parcours : le client scanne un QR code, lit, confirme et signe.

3.2. Supports pédagogiques en salon

Affiches, QR codes informatifs, rappels des soins post-acte… Chaque support visuel réduit vos temps d’explication et crée une expérience cohérente. Reliez ces supports à votre article dédié au consentement pour approfondir.

3.3. Scripts de réponse pour l’équipe

Rédigez des scripts courts pour répondre aux questions fréquentes : “Pourquoi éviter l’alcool avant la séance ?”, “Que faire en cas de douleur persistante ?”. Ces scripts assurent une cohérence entre les artistes.

4. Former l’équipe et documenter chaque échange

4.1. Ateliers internes réguliers

Organisez des points trimestriels pour mettre à jour vos explications (nouvelles encres, nouveaux soins). Notez les questions réelles posées en salon : ce sont vos meilleurs indicateurs d’amélioration.

4.2. Documentation centralisée

Stockez vos fiches risques, scripts et procédures dans le même espace que vos consentements. L’article dédié à la signature via QR code explique comment organiser cette bibliothèque numérique.

4.3. Anecdote : le rappel de l’ANSM en 2017

Le 13 juillet 2017, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a ordonné le retrait de plusieurs encres de tatouage contenant des impuretés chimiques potentiellement cancérogènes. Les studios capables de prouver qu’ils avaient prévenu leurs clients, listé les encres utilisées et consigné les consentements n’ont subi aucune mise en cause. Documenter votre démarche protège donc réellement votre activité.

5. Questions fréquentes

Quels risques citer en priorité ?

Réactions cutanées, infections, rejets d’encre, cicatrices hypertrophiques et incompatibilités ponctuelles (IRM, exposition solaire). Adaptez la liste à votre protocole.

Comment aborder les contre-indications médicales ?

Restez factuel : expliquez que certaines pathologies demandent un avis médical écrit avant tout tatouage (diabète, immunodépression, traitements anticoagulants).

Faut-il mentionner la législation ?

Oui. Rappelez que l’activité est encadrée et que votre studio applique les exigences du Code de la santé publique. C’est un gage de sérieux.

Comment stocker les preuves d’information ?

Un consentement numérique génère un PDF horodaté. Conservez-le au moins 3 ans, idéalement 5 ans, dans un espace sécurisé (cloud professionnel ou solution dédiée comme QR Consent).

Que faire si le client refuse de signer ?

Expliquez que sans consentement écrit, vous ne pouvez pas réaliser la séance. Proposez un report afin qu’il prenne le temps de réfléchir ou d’obtenir un avis médical.

Conclusion

Informer vos clients avant le tatouage n’est ni un frein ni une formalité superflue. C’est un levier de confiance, un gage de conformité et un outil de fidélisation. En structurant votre discours, en vous appuyant sur des supports digitaux et en documentant chaque étape, vous réduisez les litiges et professionnalisez votre marque.